11.10.2009

atelier rock'n'roll

En voyage tu es partie. Et je t'ai vue reliée, envolée, magnifiée.

...

En voyage je t'emmène, mais cette fois, la direction reste inconnue.

 La langue aussi.

Celle qui conduit? Connais pas.

Avec ses lunettes à triple foyer, elle titube

et tâte en quête du volant.

Déjà je t'entends dire qu'elle ne va même pas démarrer si ça se trouve.

Elle démarre, cale.

Une musique tribale prend tout l'espace dans le véhicule.

7 places. Deux vides.

Dans sa tunique épaisse elle s'empêtre...

Elle s'arrête. Bredouille un truc inaudible.

Mémé d'un autre monde?

Fait le tour de l'auto.

Te filme en train d'écrire dans la voiture

à côté des autres passagères.

Elle remonte.

C'est une autre, foulard, lunettes de secrétaire médicale.

Redémarre. Met une cassette. Un vieil enregistrement.

Voix monocorde philosophant sur fond de piano.

Elle roule lentement, un peu de traviole. C'est limite.

Elle s'arrête. Tout le monde descend. Et marche jusqu'à l'Arbre brûlé.

Tu dois te sentir comme une étrangère à présent dans ce paysage vert

où l'Arbre trône, sculpté par la foudre.

Son coeur de charbon noircit mains et visages. Noires.

Perdues dans ce no man's land à 3 minutes du point de départ.

Noires, comme l'atmosphère de ce trajet de polar.

Qu'en vis-tu? Qu'en écriras-tu?

Elle rit, j'entends qu'elle jubile la vilaine

avec son tour, là, un air de drôle de blague.

On remonte, vite! vite! Hakéraman! Hakéraman!

Hok Hok!

Elle se met à courir et file démarrer l'auto en trombe

elle recule sur le petit sentier poussiéreux, c'est que la nuit tombe,

 elle ne doit pas tomber sur nous aujourd'hui!

Tu remontes, ça repart, toujours en écriture,

dans la philo piano, et

stop.

Arrivées là.

Houkistouki?

Une voix répond: Hékéhénoooo!

Aaaaah.

Odile arrive et nous invite à entrer dans son atelier.

Grange de pierre où se nichent bois et couleurs,

peintures en chantier, vannerie, tissage, sculptures,

tout un univers dans l'atelier du Serpent Vert.

Ouf! Te voilà en sécurité, et puis ça parle ta langue maintenant.

Ecrire.

Lire.

Dire.

Merci pour cette épopée, et la confiance qu'il t'aura

fallu pour la mener jusqu'au bout!

hi hih ihi hi hi

B.K.

Atelier (7 octobre) Rébénacq

Vroum, vroum, broum, sploc, sploc, mais putain! Vas-y ma poule

y'a le feu de dieu, folle dingue au volant, embarquée c'est une évidence

mon moteur chauffe intense

patastrou, rabate, patatra, bastra, foutoir, putain bacadra

cette poupée va me mener droit à l'extase

pas question de caler ma belle, cours tu as raison

folle, folle vers le plaisir extrême

la jouissance intense, guidée par une vieille sorcière

en peine du flux et reflux, fluctu superflu

ha! Ha! Ho!

Le feu de dieu, reçu du ciel, me brûle la panse

cette danse comme une vie qui se tord, un sort

sortilège

noircis ta peau et brûle, friture, pourriture

une folle insoumise te guide au plaisir extrême

la terre en son feu, la terre en mon feu

à la lumière d'un foutoir réjouissant

l'homme est passé, trépassé, se lasse, amasse, re casse, pugnace

un rien lasse, passe fugace

après quoi tu cours ma belle?

Toujours la terre vieille sorcière!

 A l'ombre du feu inlassablement cours vers la lumière

accroche toi, racine, machine programmée à jouir

intense patastrou, trou de l'univers

dans ce flux, reflux, supereflu, fluctu incertain

pas question de caler avant la jouissance

ça! C'est une évidence

Fred

 

Et pourquoi donc ?

Et pourquoi donc  quoi ?

quoi pourquoi ?

et pourquoi pas comment ?

Comment ce fait-ce ?

Comment cette fesse ?

Comment cette fesse

montre sa beauté ?

Comment cette fesse

abandonne le monde ?

le monde que je t’ai fabriqué

patatras

l’afflux s’est suspendu

S’est-il suspendu ?

Et pourquoi donc patatras, l’afflux s’est suspendu ?

 

Nous y voilà,

question, questionnement.

Incessant questionnement

pour démêler les fils

pour me fabriquer mon monde

pour inventer le monde

 

Dans ta tête tu crées

tu t’enfermes, tu t’évades

Tu vois et tu pressens

Et le monde ressemble à ce qu’il est

à travers le filtre de tes pensées

emmêlées, démêlées

 

Pour sentir la terre

Marcher

Là, seulement tu descends

un peu au contact du monde

tu es reliée au ciel

Marcher, être

La route est là alors, évidente.

Le flux coule, recoule, fluve

Suspendue entre ciel et terre

tu peux te recréer

te relier à toi, au monde

Suivre ton délire

Suivre ton plaisir

Laisser les coffres qui claquent

les hommes aveugles de leurs machines

Et retrouver dans ta tête la pensée créatrice

dans tes poumons l’air douceur

sur ta peau l’air caresse

Bichon