25.09.2009
crépuscule et sac à dos
))Je cours, pieds nus
herbe bleue
gouttes de rosée…
Les cailloux, dessous, piquent la plante de mes pieds…
nus
Je m’élance, un saut, je plane un peu, je reviens… Pas assez…plus vite… je m’étourdis…
le vent bat mes cheveux comme une toile de tente.
Et je vole ! Je rase l’herbe molle et puis je monte haut, plus haut.
Petite Terre de plus en plus ronde, de plus en plus mère
Je te quitte un moment
un instant
Eternité
Flots de rayons doux
Suspendue… je suis
Loin… la vie
Quand je reviens la Terre a changé, elle sent encore l’odeur de l’intérieur
L’odeur du sang et des eaux maternelles
J’atterris auprès de l’arbre rugueux, des plis parcourent son tronc gris
Je sens son cœur lent, je sens son bonheur d’être
Enraciné qu’il est dans cette belle Terre neuve
Tout de suite je l’aime
J’aime tout, où que se pose mon regard
Je sens tout ce qui vit
L’intention de ce champignon, là, à l’odeur de moisissure
Le regret de cette feuille sous mon pied
L’espoir naissant d’une fine tige de frêne.
Et il est là, je ne l’attendais pas.
Le shaman
Celui que je voyais dans mes rêves perplexes
Qui est-il ? Que fait-il ici ? Pourquoi vient-il me voir la nuit ?
Il est là, nu, son regard perdu au loin
Et je comprends qu’il est là pour l’Extase.
Cet homme, c’est moi qui sens.
Il est là pour ça
Il est là pour m’apprendre, pour me montrer le chemin de la Terre
Celle que je n’arrive plus à sentir.
Il me dit
« Viens petite sœur, viens et goûte
Goûte le temps qui passe lentement
Goûte la vie qui tourne lentement
Goûte l’élixir de chaque être
Tout est là, même au bord de la route, même au milieu des sables fumants
La Terre te parle doucement
Elle murmure la vie dans les pulsations de ton sang
N’oublies pas que tu es… en moi
Vis ! »
Alexandra
Sous l’arbre immobile,
elle écoute
Dans l’arbre furtivement,
il passe
Contre le tronc,
il frappe
Et puis,
elle sent la vie qui est autour,
le flux et le reflux des elles et des elfes.
Les elles qui sont passées là,
à la recherche du lien originel,
des racines vers le ciel.
Les elfes qui sont venus apporter le secret
dans une valise en carton remplie
du pasfuturséprésent
c’est ça
c’est là
être là, paix, pause incarnée,
lumière
soleil,
marcher dans les arbres,
courir dans les étoiles,
voguer en roudoudou sur une mer de guimauve,
éclater de rire,
faire grandir l’amour
tout est là, dans l’instant.
Sagesse, sérénité.
respiration, sauvage, tisane, grue, herbe…
il y a de quoi repartir.
Partons, et restons ensemble.
Bichon
C'est décidé je pars. Je pars à Doudouville. Y'en a marre des contraintes, des devoirs.
Je pars et je m'enivre de calins d'oursons pas trop féroces, de sable soyeux, d'éclats de rire d'enfants qui tournent, tournent, tournent en cercle, de baisers volés et justifiés, d'amour, d'amour, d'amour.
Et pourquoi pas?
Eh bien plutôt pas. Car c'est facile Doudouville. Non ce qui est urgent et essentiel, c'est d'aller chercher quelque chose que j'ai perdu dans une vieille forêt.
Une forêt habitée, belle et sombre,
Une forêt où chaque pas compte,
ça crisse sous les souliers et rien ne vaut ça.
Ça respire.
La forêt est hantée de présence.
Des yeux me guettent et m'attendent.
Eh oui je suis déjà venue il y a bien longtemps.
J'avais pris refuge sous un vieil arbre.
J'étais toute petite.
Assise au milieu des racines, adossée contre l'écorce tendre, j'avais eu la surprise de rencontrer l'inattendu.
Cet inattendu avait pris la forme d'un jeune homme au regard transparent.
Je savais qu'il venait de loin.
D'aussi loin que moi. Il venait d'ailleurs.
Cet ailleurs avait une odeur. Et il sentait cette odeur. Et je le reconnaissais.
Cet inattendu était le fruit d'une longue attente.
Ce présent de mon passé, qui est encore mon présent actuellement est celui que trame ma vie est celui où je reviens quand je m'ennuie.
Quand j'y reviens comme aujourd'hui, je n'attends plus. J'y suis et je me délecte de ce cadeau. Le cadeau du secret de la vie, celui d'où je viens d'où je pars, d'où je me reconnais.
La mort n'est pas loin mais elle n'est pas macabre, elle me fait rire avec son sourire édenté.
Donc j'y trouve la vie et le rire de la mort.
Alors je prendrai encore le temps de VIVRE
MOURIR
et me SOUVENIR.
Capucine
VOYAGES
Voyager,
C’était son truc ça, voyager
Partir, partir loin,
Le plus loin possible,
Partir Seule
Voyager pour rencontrer l’inattendu, le secret de la vie
Voyager pour comprendre, l’ailleurs,
Les autres, les arbres, les forêts, les oiseaux
Voyager pour trouver la lumière, la paix, la sagesse.
C’était ça qu’elle disait qu’elle faisait au cours de ses voyages
Et puis, Elle revenait………
Toujours, elle revenait………..
Elle revenait, ses valises pleines
De bonheur, de sable, de tissus, d’émotions, de vie, d’aventures à raconter
Et moi,
Je regardais, j’observais,
Je vivais le départ,
Je vivais le retour,
Entre les deux………….. J’attendais
Entre les deux………….. Je méditais
Entre les deux………….. Je voyageais aussi,
Un autre voyage celui là,
Un voyage intérieur, pas d’avion, pas de mers lointaines, pas de sables chauds
Un voyage en solitaire
ET PUIS UN JOUR,
Moi aussi je suis partie
Je suis partie découvrir le monde,
Je suis partie découvrir les autres
Je suis partie…….. Voir.
Mais, moi,…………………………Je ne suis jamais revenue
Sylvaine
Le voyage
Oyez oyez! bonnes gens!
mes très chers frères et soeurs d'écriture,
de lecture, de texture, je vous dis Bonsoir.
Rêver - Pays - Pays à naître. Pays naissance.
Pays natif - natal - où sont mes racines?
dans les branches du baobab? Je suis d'un pays.
Je ne suis pas d'ici, je suis d'ailleurs, aussi.
Comment écrire alors que mon imaginaire s'abreuve
du matin jusqu'aux rêves des valeurs qui ne sont pas les miennes.
Qu'ont les littératures prévues pour moi?
Autour de ma plume. Pauvre scribe.
J'ai autour du coeur une guangue de glace qui fait mal.
Elle fond, elle durcit.
Lorsque je merche sur le boulevard des Pyrénées,
l'hiver, je vois les palmiers sous la neige.
Elle est comme ça ma vie. Un palmier sous la neige.
Heureusement il y a le printemps pour revivre.
Je voyage beaucoup dans les livres. Très peu dans la vraie vie.
Si je vois une valise je vomis.
Si je lis le mot exil, j'ai envie de pleurer.
Je voyage. Pays imaginaire. Pays rêver.
Pays à naître. Pays naissance. Où sont mes racines?
c'est l'anatomie d'une mélancolie! et pour guérir de cette maladie,
on voit, on écoute, on frôle, on s'abreuve, on fuit.
Circuler, mes très chers frères et soeurs, de la chaleur.
Marie Anne
atelier escale du voyage
23/09/09
tu arrives sac à dos, duvet,
lampe de poche, bien couverte
escale face aux montagnes
tu aides à monter la tente
planter le décor vivant
tu manges la figue et le raisin
deux chiens vivent ici
flairent les paniers
se couchent près de toi
dans ce crépuscule doux
l'histoire d'un voyage intérieur
commence
Pivert entend
et répond
contrées intimes des secrets
à la croisée des sentiers
l'autre voyage
c'est aussi le tien
dans les pas de cette femme qui marche
à l'intérieur de l'arbre
des brassées de doudous
des branches multiples
frôler le petit peuple
partir sans retour
elle est racine
elle rase l'herbe molle
l'appel du chemin
écoute
elle se reconnecte
résonne
créer donne corps
regarde vibrer l'oeil de pluie
ressens ses larmes douce
joie du cadeau qui tombe
éclairer le rêve
ouvrant des folies
portes de sagesse
expérience d'être
ton centre se rapproche
tu peux voyager
entre les mondes
et t'en souvenir
ici et maintenant
prends ta place
"ma bien chère soeur"
ouvre les bras
cueille celle que tu es
magie entre toutes
unique et singulière
reliée
B.K.
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Commentaires
Autour d'un bâton nous tournions, et je me sens toute transportée par ce long voyage partagé... D'ailleurs, je n'en suis pas revenue !
Ecrit par : Alexandra | 28.09.2009
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